Retours sur la journée biodiversité et agriculture

L’atelier sur la biodiversité et l’agriculture s’est déroulé sur la journée du samedi 5 octobre chez Éliane et Félix Genève, fondateur d’Accueil paysan et sur l’exploitation de Pascale Perrot à Pommiers la Placette.

Retrouvez l’article de présentation de cette journée en cliquant ici.

La journée a débuté à 10h avec un accueil des participants en salle.

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Présentation du contexte

Après le petit déjeuner, Pascale Perrot a emmené les participants sur son exploitation pour une présentation de celle-ci. Installée depuis janvier 2011 à Pommiers la Placette, elle a fait le choix d’une reconversion professionnelle dans le domaine de l’agriculture. Aujourd’hui, elle a monté son exploitation composée d’une soixantaine de brebis laitière qui pâturent 6 mois de l’année sur 6.5 ha de pâturage tournant.

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Visite de l’exploitation

Au cours de la matinée, les participants ont pu discuter, échanger, comprendre et apprendre de nombreuses choses grâce à la visite très pédagogique proposée par Pascale. En effet, elle a su expliquer que dans la nature, chaque chose avait une fonction qu’il fallait avant tout comprendre avant d’agir.

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Le pâturage

Tout l’enjeu est de savoir comment faire pour que les espèces végétales intéressantes pour ses brebis ressortent ? Il est important de souligner que chaque type d’exploitation mène un pâturage différent car les éléments nécessaires ne sont pas les mêmes pour tous. Dans l’idée, plus le fauchage est précoce, plus le foin sera riche.

Le saviez vous ?
- L’épiaison correspond à la phase de formation de l’épi différent du stade de la fleur.

- Le parasitisme sont des parasites qui vivent dans les derniers centimètres des herbes et peuvent être ingurgiter par les brebis au pâturage. Ils peuvent provoquer, en surnombre, de graves conséquences sur la brebis caractéristique, par exemple, par son amaigrissement (si le parasite migre dans l’estomac , le foin ou l’intestin) ou des problèmes respiratoires s’ils sont dans les poumons....


Son troupeau

Il est constitué de :
- 62 mères allaitantes
- 3 béliers
Pascale a fait le choix d’un élevage de brebis laitière car ce sont des animaux qu’elle apprécie et trouve agréables. Effectivement, les brebis sont des bêtes douces et faciles à mener et leur lait est très riche. Après avoir hésité sur le choix de la race, Pascale a opté pour un cheptel de brebis Lacaune, qui n’est pas une race rustique mais qui apparemment s’acclimate bien en milieu de montagne.

Le saviez vous ?
Mode de reproduction naturelle : la technique "effet bélier" : correspond à la séparation des femelles et des mâles 1 mois avant la mise à la reproduction sans qu’elles puissent les voir, les sentir et les entendre. Les béliers sont ensuite réintroduits dans le troupeau, les chaleurs des femelles se déclenchent alors naturellement (sans passer par des hormones).

Les règles d’hygiène
L’équilibre microbien au sein d’un troupeau est très fragile, en effet ce dernier peut être perturbé en un rien de temps.
Le laboratoire du Conseil Général réalise trois prélèvements par an sur le lait mais aussi le fromage.

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Laboratoire - lieu de production des fromages
Le saviez-vous ?
Afin de limiter les mouches pour le bien être des animaux, il est possible d’utiliser des huiles essentielles en poudre vendues en laboratoire.


De la brebis au fromage

Ses brebis produisent environ 10 000L de lait/an sachant qu’une brebis produit 1L de lait/jour.
Sa production de fromage est réalisée sur place, elle travaille ainsi le lait qui rappelons-le est une matière vivante. La formation des fromages relève finalement de la chimie pour la transformation. Elle propose des lactiques (fromages frais), de la pâte pressée (comme la tomme) et du bleu.

Son objectif est montrer aux personnes que même avec une petite exploitation, il est possible de vivre tout en respectant la nature. Pour valoriser ses actions, elle a fait le choix de transmettre ses connaissances par le biais d’activités pédagogiques. Elle réalise des stages et des animations avec les enfants pour leur faire découvrir le cycle naturel, par exemple, via des ateliers thématiques : fabrication de faisselle, laine, sensibilisation sur la flore, etc.

L’objectif est que les habitants se réapproprient l’agriculture afin de reconstruire le lien entre la société et le monde agricole.

Où retrouver ses fromages ?
Vous pouvez retrouver les fromages de brebis de Pascale Perrot d’octobre à juillet sur le marché de Voiron, à la Ferme des saveurs de Voreppe et sur son exploitation à Pommiers la Placette les mercredis et samedis après midi.

Échanges et discussions en salle

Après avoir repris des forces au déjeuner, les participants ont échangé de manière conviviale autour d’une table. Des agriculteurs aux consommateurs en passant par les représentants du territoire, des discussions ont vu le jour sur différents sujets.

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Laurent Fillion, chargé de mission agriculture au Parc naturel régional de Chartreuse a commencé par faire une présentation des axes de travail et des actions du Parc en lien avec la biodiversité.

Il a été rappelé que le massif de Chartreuse était avant tout riche de biodiversité. En effet, bien qu’étant périurbain, il a su préserver un aspect encore assez naturel.
Ainsi la relation biodiversité et agriculteur en Chartreuse n’est pas la même que dans les grandes plaines agricoles.

Il a été évoqué le travail en collaboration avec l’AAC (Avenir Agriculture de Chartreuse) qui est une association dont le but est de regrouper les agriculteurs présents sur le territoire du Parc. Dernièrement, une association reliée à l’AAC, "les plateaux de Chartreuse" a vu le jour. Elle a pour mission de proposer un buffet composé uniquement de produit du territoire et qui répond à un cahier des charges.

Au cours de la discussion les agriculteurs ont indiqué qu’il était dommage que ces structures n’interviennent que sur de l’événementiel. Il serait bien d’agir au quotidien en approvisionnant des établissements publics tels que des cantines.

Des discussions ont eu lieu sur le thème du fauchage entre un apiculteur amateur et les agriculteurs qui ont besoin de fourrage.

D’autres sujets ont également été abordés comme les temps de travail des agriculteurs. L’idée serait de garantir un service de remplacement qui soit accessible financièrement, qui mettrait entre parenthèse la problématique du temps de travail. Dans la même idée, un réseau de tuteur pour les nouveaux agriculteurs pourrait être mis en place afin de réaliser une installation progressive.

En conclusion de cette journée, ce qui est ressorti c’est que les lignes sont en train de bouger avec les agriculteurs. En effet, l’évolution de notre société les poussent à travailler sur de nouveaux réseaux qui sont porteurs d’innovations. Comme cela a été le cas avec les Prairies fleuries, originaires d’Allemagne, elles sont représentées aujourd’hui sur de nombreux territoires.

La quinzaine de personne qui s’est succédée toute la journée a pu en apprendre plus sur le métier d’agriculteur et notamment sur les contraintes qui peuvent en découler.

Les prochains rendez vous sur le thème de la biodiversité des Amis du Parc sont à retrouver au cours de l’automne 2013. Pour en savoir plus sur les dates et le déroulement des trois prochains ateliers cliquez sur :
- atelier biodiversité et sylviculture - vendredi 25 octobre
- atelier biodiversité et aménagement du territoire - vendredi 8 novembre
- atelier biodiversité et tourisme - vendredi 22 novembre

Rappel du contexte
Nous vous rappelons que l’atelier de la biodiversité présenté ci-dessus fait partie d’une série de quatre ateliers de la biodiversité. Pour en savoir plus sur ce programme d’actions, vous pouvez consulter l’article de présentation.


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Eliane Genève présentant le lieu de l'atelier et l'histoire (...)